Si elle y était, elle nous emmènerait…

Chronique de Promenons-nous tant que la Mort n’y est pas, de Mélanie Desforges.

La couverture me laisse perplexe car elle ne se réfère vraiment qu’au titre et à cette fameuse comptine. Ceci dit elle reste efficace parce que clairement, je déconseillerais de s’y promener seuls.

Déjà je tiens à souligner que je me suis fait happée par l’histoire de Franck. Mélanie Desforges nous livre ici un écrivain torturé, célèbre et qui au final est nihiliste et désenchanté. D’écrivain passionné, il est passé à machine à fric pour son éditeur. La phrase d’accroche du roman « Ca fait déjà une heure que je regarde mon ordinateur sans y avoir noté un putain de mot » me parle énormément donc ma lecture va forcément être immersive. Puis vous commencez à connaître ma passion pour les mises en abîme, donc une auteure qui écrit sur un écrivain paumé, c’est mon truc.

A partir de ce passage, on comprend que le personnage va être un de ces artistes maudit mais qui aime ce qu’il fait, et dans ce cas, va saisir cette opportunité dans sa « différence ». ‘Alors que je cite « c’est qu’un putain de loser » Tous les outsiders qui liront cette chronique saisiront toute l’ambivalence de Franck. Profiter du fait d’être différent MAIS toujours se considérer comme une merde. Le portrait que nous dresse l’auteure est un cliché, mais terriblement bien écrit.

L’écriture est brute de décoffrage, à l’image de Mélanie Desforges (et wow, certaines phrases te foutent de ces claques littéraires tellement elles me parlent). Donc je résume : Franck est un écrivain qui n’en peux plus. De la pression de son éditeur, du manque de passion dans ce qu’il fait, il a tout gagné mais aussi tout perdu. Il décide de tout miser sur son dernier recueil, peu importe ce qu’en pensent ses fans, son éditeur ou le corbeau du coin. Il veut ressentir la transcendance de l’écriture, l’extase littéraire. Et là, commence sa chute, en même temps que son ascension.

Il y a donc des histoires dans l’histoire, et ça, je trouve que c’est vraiment une idée de génie. On peut qualifier ce roman de roman-recueil je pense. Je ne parlerai pas de chaque nouvelle parce que j’ai décidé de faire un article annexe, y a énormément de choses à dire dessus. (Oui parce qu’il y a un fil rouge entre toutes les nouvelles, la vie de Franck, mais aussi avec la fin du roman et je veux pas spoiler. De plus, une fois qu’on trouve le Minotaure tel Ariane dans le labyrinthe, on a pas vraiment envie de le combattre parce que ce serait vain. On sait que la Mort gagne toujours et Mélanie nous le prouve par sept fois). On passe au point de vue de Franck entre chaque nouvelle et on se place ainsi en spectateur de sa déchéance et de sa folie qui commence à l’habiter au fur et à mesure que ses nouvelles se rédigent.

Pour conclure, je crois que ça fait longtemps qu’un thriller ne m’avait pas autant plu et honnêtement, il aurait pu faire 100 pages de plus que ç’aurait été tout aussi délicieux.

Pour retrouver le roman c’est ici (mais c’est toujours mieux d’aller directement demander un exemplaire à l’auteure, je le dis pas assez souvent) donc vous pouvez retrouver cette grande dame de l’horreur ici, ici mais aussi ici !!) Et si j’étais vous, j’hésiterais pas, parce qu’on ne sait jamais si la Mort se promène aux alentours.

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